

Helmuth con Pannwitz était un général allemand qui se distingua durant la Première et la Seconde guerre mondiale en tant qu’officier de cavalerie. Il naquit en 1898 en Silésie dans le village de Botzanowitz (aujourd’hui en Pologne) dans une famille noble. À 16 ans il rejoignit l’armée impériale et combattit durant toute la Première guerre mondiale. Sa bravoure lui valut la croix de guerre de seconde et de première classe.
Il fut mobilisé de nouveau pour la seconde guerre mondiale. En 1941, il fut nommé Colonel. Il fut chargé de mettre en place un régiment de cosaques volontaires au sein de la Werhmacht qui combattit les partisans en Yougoslavie. Il fut reconnu pour le respect qu’il portait à ses soldats. La plupart était orthodoxes Russes et il assistait aux services avec eux, ce qui lui valut une grande popularité au sein de ses troupes. En 1944, il reçut le grade de Feldataman, le plus haut grade possible chez les cosaques, traditionnellement réservé au Tsar lui-même. En février 1945, son unité fut transférée sous le haut commandement Waffen-SS.
Le 11 mai 1945, Pannwitz dut se rendre aux troupes britanniques. Ses troupes furent ensuite confiées à la supervision russe ce qui fut vu comme une trahison de la part des troupes de sa majesté. La plupart des hommes périrent aux mains du SMERSH ou se suicidèrent pour éviter d’être transférés. Pannwitz étant de nationalité allemande, il ne fut pas décidé de le transférer au SMERSH. Pourtant ce dernier insista pour partager le sort de ses hommes et se rendit lui-même aux autorités russes. Pannwitz fut condamné à mort pour espionnage et actes terroristes contre l’URSS. Il sera exécuté à Moscou le 16 janvier 1947.
En 1996, les descendants de Pannwitz firent appel de la condamnation de 1947. La haute commission militaire russe admit son cas dans le cadre de la révision des procès des victimes du stalinisme. Le 28 juin 2001, la révision de la condamnation ne fut pas accordée, les juges estimèrent que sa condamnation pour crimes de guerre était encore valide.



Franz Alekseyevich Roubaud (1856-1928), est un peintre d'histoire et de batailles russe qui a créé certaines des plus grandes et des plus connues fresques panoramiques. Il est né le 15 juin 1856 à Odessa où il suivi l'école d'art de la ville. En 1877 il partit en Allemagne ou il étudia à l'Académie de Munich. Il s'installa ensuite à Saint-Petersbourg, travaillant à l'académie impériale des arts et peignant de gigantesques peintures panoramiques de batailles historiques - Assaut d'Achulgo (1896, Tiflis, au present dans le musee des beaux-arts du Dagestan (ville Makhatchkala)), Siège de Sébastopol (1854) (dévoilée en 1905, endommagée pendant la bataille de Sébastopol (1942), restaurée dans les années 50) et Bataille de Borodino (1911, déplacé sur le mont Poklonnaya à Moscou en 1962). Ses oeuvres étaient si grandes qu'elles devaient être exposées dans des bâtiments spécialement construits pour elles. En 1913, Roubaud quitta la Russie pour Munich, où il mourut le 13 mars 1928.


L'après-développement ou post-développement est un projet de nouvelle « ère » historique dans l'histoire de l'Occident qui se définirait en rupture avec le concept de développement : le paradigme économiste de la société capitaliste mondialisée et l'imaginaire qui lui est associé. L'Occident auquel on se réfère ici est irréductible à un territoire, il n'est pas seulement une entité religieuse, éthique, raciale ou même économique. L'Occident comme unité synthétique de ces différentes manifestations est une entité culturelle, un phénomène de civilisation. L'après-développement correspond à une théorie économique minoritaire fortement critiquée par les tenants de la théorie économique classique.
La thèse de l'après-développement considère que l'occidentalisation est le levier culturel de l'imaginaire développementiste. Comme culte de la technique et désenchantement du monde, elle fonctionnerait comme une anticulture qui détruirait les structures économiques, sociales, et mentales traditionnelles, en leur substituant comme unique projet de vie, l'accumulation matérielle sans fin, et comme unique projet de société la quête perpétuelle de la modernité et de la richesse matérielle : le développement, souvent au détriment de l'épanouissement de l'Être. L'occidentalisation désocialiserait et déterritorialiserait les hommes, substituerait des échanges économiques au lien social et prônerait la concurrence généralisée qui mène à l'exclusion.
A l'échelle planétaire, cette exclusion ne toucherait pas que des individus, mais des sociétés entières. Ainsi, dès 1989, Serge Latouche dénonçait ce qu'il considérait comme un échec et ces dérives : « Si l'occidentalisation du monde est en train d'échouer, ce n'est pas parce que les émetteurs d'informations ne sont pas assez puissants, mais plus simplement parce que d'une part, "la base de la culture", l'économie, ne suit pas et que d'autre part, "le système sociétal" qui porte le projet est en voie de décomposition. Le développement n'est pas un modèle généralisable ; il s'agit bien plutôt d'un instrument de domination du monde dont la dynamique complexe accroît toujours, ou recrée, des déchirures dans l'"infrastructure", pour autant que celle-ci ne tire son sens que du spectaculaire système de pouvoir qui l'accompagne. La crise du développement est nécessairement une crise culturelle. Les déçus, les floués du mythe se tournent vers des formes agressives d'affirmation culturelle, reconstruites comme anti-occidentales. »
Le concept d'après-développement se propose comme un ensemble d'alternatives au projet de la modernité, intrinsèque à l'occidentalisation. L'entité Occident est largement déterritorialisée, même si ses vecteurs restent plus palpables, ses effets dénoncés plus haut sont visibles tant au Nord qu'au Sud : destruction du lien, des représentations, des modèles, tout comme la destruction des milieux : de l'environnement par sa surexploitation, ainsi l'après-développement n'est pas concept spécifique au « Nord » ou au « Sud », comme le démontrent les origines de ses défenseurs, ni un concept spécifique pour le « Nord » ou pour le « Sud ». Il ne peut être défini par un projet unique de société. C'est un projet de civilisations (avec ou sans S selon les conceptions de chacun) qui renonce aux concepts de développement et de développement durable tout deux compris comme « bonne croissance économique », un ensemble de projets alternatifs au développement qu'il convient à chaque société d'auto-définir ; Il propose une reculturation des individus et des sociétés alternativement au modèle culturel transnational qui uniformiserait la vie à l'échelle planétaire dans tout ses aspects. L'objectif recherché est le réenchâssement de l'économique dans le social et d'interrompre la recherche de l'expansion économique infinie incompatible avec notre monde fini.

Novembre 1915
Le général Gallieni avait interdit aux embusqués parisiens de se vêtir en rodomonts du front…éloigné, et en particulier de mettre des guêtres ou des bandes alpines, les condamnant ainsi au pantalon, symbole de leurs peu dangereuses fonctions. Déjà, il avait voulu réserver les galons d'or, le tout petit fragment de galon, conservé sur un coin du képi ou de la manche, aux seuls corps combattants. Voilà l’égalité encore foulée aux pieds et les odieux privilèges des nobles combattants ! Rien n’est plus odieusement réactionnaire.
Egalité de péril, égalité d’honneur dira le général gouverneur. Inégalité de péril, inégalité de prestige ! Un peu plus tard, en un coin du Matin, je trouvais un arrêté du Ministre redistribuant les galons d’or à tous les assimilés et assimilables. Voilà la démocratie ! La récompense et l’honneur pour tous, surtout pour ceux qui ne font rien ou qui ne courent aucun risque.
Gare à toi Gallieni !

Lauri Törni était un capitaine dans l’armée finlandaise qui s’installa aux États-Unis après la guerre. Dans sa carrière, il se battit sous trois différents drapeaux : Finlandais, Allemand et Américain (en tant que Larry Thorne pendant la guerre du Vietnam).
Lauri Törni est né en 1919 à Viipuri en Finlande d’un père capitaine au long cours. Il s’engagea dans l’armée en 1938 et intégra l’école de sous-officiers en 1940 alors que la guerre contre les soviétique battait son plein. Törni prit part à la destruction d’une division de l’armée Russe à Lemetti. Son héroïsme durant cette bataille lui valut d’être remarqué de ses chefs et il fut promu. À la fin de la guerre d’hiver, en 1940, il était second lieutenant. En 1941, il fut envoyé en Allemagne pour suivre l’entrainement avec les Waffen-SS. Il retourna dans son pays pour continuer le combat contre les Russes. En 1943, un détachement portant son nom fut crée. Sa mission était principalement de s’infiltrer derrière les lignes ennemies. Ceci leur valut une réputation de vaillance autant auprès des Allemands que des Russes. Un des hommes de Törni, Mauno Koivisto, deviendra plus tard président de la république. Leur dernier engagement eut lieu en août 1944 lors de la bataille d’Ilomantsi. Les Russes avaient alors mis la tête de Törni pour une somme énorme mais ils ne réussirent jamais à le capturer.
Étant déçu des termes du traité de paix entre la Finlande et l’URSS, Törni décida de rejoindre l’Allemagne pour suivre un entrainement au sabotage et continuer le combat. Il fut capturé par les Britanniques durant les derniers moments de la guerre puis réussit à s’échapper et à regagner la Finlande. Il fut arrêté à son arrivée et condamné à 6 ans de prison pour trahison pour avoir rejoint l’Allemagne alors que les deux pays étaient ennemis. Il fut amnistié en 1948.
En 1949, Törni et un de ses anciens officiers, Holger Pitkänen décida de quitter le pays. Ils s’enfuirent en Suède et rejoignirent des émigrants Finlandais. Pitkänen fut bientôt arrêté et Törni dut se cacher. Il dut quitter le pays et s’engagea comme matelot sur le SS Bolivia à destination de Caracas. Là il renoua avec d’autres Finlandais en exil qui lui fournirent de faux papiers. En 1950, il s’embarqua à destination des États-Unis. À quelques encablures de la côte, il sauta du bateau et nagea jusqu’à la côte. Il voyagea jusqu’à New York où l’émigration finlandaise l’aida. En 1953, il reçut son permis de résident et fut engagé par la firme d’avocat de « Wild Bill » Donovan, ancien chef des services secrets durant la guerre.
En 1954, Törni s’engagea dans l’armée américaine et prit le nom de Larry Thorne. Grâce au soutien d’officiers Finlandais et étant donné ses états de services, il rejoignit les forces spéciales où il devint instructeur. Nommé lieutenant en 1957, il fut ensuite posté en Allemagne. En 1963, il fut envoyé au Vietnam où il se battit dans le delta du Mékong. Cela lui valut deux décorations. Le 18 octobre 1965, il mena une mission clandestine au Laos. Son hélicoptère s’écrasa près de Da Nang. Lorsque les secours arrivèrent, ils ne trouvèrent pas son corps. On pensa qu’il avait péri dans le crash ou dans les combats qui suivirent. Il fut promu au rang de major à titre posthume. Son corps ne sera trouvé qu’en 1999 et identifié formellement en 2003. Il repose au cimetière d’Arlington.
Sa mémoire est désormais célébrée en Finlande par une guilde formée par ses anciens soldats. Robin Moore en fit le personnage principal du livre « Les bérets verts » sous le nom de « Sven Kornie ». Le livre fut plus tard adapté au cinéma avec John Wayne tenant le rôle de Törni.
La totémisation au sens scout du terme, consiste à donner à quelqu'un, au cours d'une cérémonie un nom d'animal (ou autre), avec ou sans autres qualificatifs. L'ensemble : nom, adjectif, lieu est appelé totem. La cérémonie et le totem marquent un rite de passage et le renforcement de l'intégration au groupe, ce peut être aussi le symbole d'un engagement à de nouvelles responsabilités.
La totémisation est une pratique dans de nombreuses sociétés (Indiens d'Amérique, des iles du Pacifique etc.). Elle est généralement liée à un rite initiatique. Bien avant l'apparition du scoutisme en 1907, Baden-Powell reçut le nom de totem « Impeesa » des Matabélés, en Afrique en 1896. Cependant on ne peut parler ici de totémisation au sens ethnologique, car il n'y a pas eu de rite initiatique. Dans beaucoup de pays francophones, la totémisation et la culture indienne ont connu un grand succès au sein du scoutisme, bénéficiant d'un statut presque officiel.
En France, l'indianisme et la totémisation sont pratiqués avant 1914 par les initiateurs du scoutisme alors neutres ou protestants, notamment par Jacques Guérin-Desjardin qui y voit le moyen de passionner le "gosse". A partir de 1920, la coutume se popularisera et se développera rapidement dans l'ensemble du scoutisme français, notamment sous l'impulsion du commissaire SDF Paul Coze. Jean Loiseau fut le principal introducteur de l'indianisme chez les EDF. La totémisation et son ordre secret ont réellement passionné certains jeunes scouts. Mais, souvent, ils étaient plus motivés par la conquête du titre de sachem que par leur BA quotidienne et l'application de la méthode scoute. De plus, les sachems évoluant dans une complète confidentialité semblaient former une organisation parallèle au scoutisme des mouvements.
Les Français reprochèrent ainsi à la totémisation d'être passée d'un jeu scout honorable en 1928 à une organisation secrète parallèle au scoutisme dans les années 1940, avec les possibilités de dérives que cela comportait (les rites initiatiques devenaient parfois de vraies séances dégradantes ou humiliantes pour les papooses). Parallèlement étaient nés des groupes comme les "foulards de sang" qui utilisaient certaines pratiques de la totémisation mais dont le fonctionnement était basés sur celui de la chevalerie. La possibilité de dérives de toutes natures interpellait les mouvements français qui s'efforcèrent, soit de changer la nature de la totémisation, soit de la proscrire officieusement.


L’éthique DIY de l’anglais « Do It Yourself » (fait-le toi-même) est une éthique de vie où son adepte essaie de tout faire tout seul plutôt que de compter sur des professionnels. Cela peut aller des rénovations d’une maison ou d’une voiture à la santé, les publications ou l’électronique et récemment la musique et la vidéo. Le DIY questionne l’expertise et fait la promotion de la capacité des personnes ordinaires d’apprendre et de faire plus qu’il ne pensait possible.
C’est dans la sous-culture punk qu’est née cette éthique en raison à cause de l’anti consumérisme. Les groupes préféraient les concerts dans des sous-sols plutôt que d’utiliser des salles de concerts et les sponsors. On retrouve depuis cette façon d’agir dans différentes scènes musicales. Les adhérents à l’éthique DIY travaillent aussi collectivement au travers de réseau. L’un des plus connus dans le punk est celui organisé par l’impresario David Ferguson. L’éthique s’applique aussi à la vie de tous les jours que cela soit la confection de vêtement, le jardinage mais aussi la le recyclage de déchets.
Avec le développement de l’informatique et l’arrivée de l’Internet, le DIY a pris une nouvelle tournure. Cela permet depuis 10 ans à des artistes de contourner les réseaux professionnels. De la vidéo à la musique, l’éthique DIY a donc déferlé sur le monde entier. Des sites comme Newground ou DeviantArt permettent à leurs utilisateurs d’envoyer leurs œuvres. Le site Instructables permet aux adeptes du DIY non seulement d’exposer mais aussi d’être compensé sous forme de pourboires. La révolution DIY touche bien sûr aussi la musique et a permis à des milliers d’artistes dans le monde de faire s’exprimer en dehors des marchés commerciaux.

"Serge était le contraire de ce qu’il semblait : non la férocité de la droite éternelle, mais la générosité, le courage et l’intelligence. On le croyait fanatique, bigot, et intolérant, alors qu’il était tout le contraire. Il avait ce fond libertaire et ouvert, qui est la marque des immenses écrivains. En marge de ses colères, en marge de la France détruite et anéantie par des décennies d’obscurantisme et de couardise politique, il m’avait fait découvrir et partager la droite, bien sûr, mais aussi le monde. L’ésotérisme, mais aussi le libéralisme, le libertarisme, la science fiction de Kipling ou de Nabokov, la droite intérieure, le catholicisme magique, la tolérance. Une fois que l’on avait découvert la frontière absolue, on s’en allait avec lui sur ces chemins incroyables, dans son journal ou dans son émission admirables, car Serge était un émissionaire".
Nicolas Bonnal

"Si l’on demandait jusqu’à quel point vont le conditionnement et le « totalitarisme », Marcuse, répondrait : ils vont jusqu’à l’extrême, dans tous les cas. Dans le travail, les gestes sont prédéterminées par l’analyse rationnelle qui en a été faite ; dans la politique, de pseudo-choix s’inscrivent dans des cadres prédéterminés ; l’art a perdu toute capacité de s’opposer à la réalité dominante ; la science a mis ses moyens au service de la technologie ; la philosophie s’évertue à préserver l’intégrité du discours établi ; le langage se réduit à une série de clichés où se reflète l’idéologie techniciste et « l’ensemble de la communication revêt un caractère hypnotique ». Toujours l’extrême conditionnement."
Michel HAAR, L’homme unidimensionnel de Marcuse, Paris, Hatier, 1975, p. 58.