
Raoul Ponchon, né le 30 décembre 1848 à Napoléon-Vendée (aujourd’hui La Roche-sur-Yon), mort à Paris le 3 décembre 1937, est un écrivain français.
Il est le fils de Jean-Jacques Ponchon, capitaine trésorier au 46e régiment d’infanterie de ligne, et de Marie Henriette Birck. Il suit les différentes garnisons de son père et en 1855 naît à Cahors sa sœur Berthe. Ensuite, la famille se déplace à Bourg où Raoul est interne au lycée, son père étant envoyé en Algérie ; puis Jean-Jacques part à Angoulême, puis à Poitiers (baccalauréat), et enfin à Paris d’où le futur poète ne bougera quasiment plus, passant simplement, pour cause de démolition, de l’hôtel du Périgord, place de la Sorbonne, à l’hôtel de Flandres, 16 rue Cujas, où il résidera jusqu’à sa mort et où, devenu aujourd’hui hôtel des Trois Collèges, une plaque rappelle son passage.
Il devient employé de banque, ou plutôt de banques et d’assurances : il change régulièrement d’employeur. Il subit la guerre de 70 comme garde mobile à Paris, perd son père en 71, et la paix venue, jugeant qu’il n’est pas fait pour la finance, il s’établit dans la bohème comme peintre.
À ce titre, le premier texte qu’on connaisse de lui est la préface du catalogue du salon de peinture « Poil et Plume », où il exposait. C’était une bohème organisée et régulière : il allait tous les jours de la semaine prendre son petit déjeuner au café de Cluny, où il retournait l’après-midi s’attabler devant un verre d’absinthe, après avoir pris son seul repas quotidien dans un bouillon bon marché de la rue Racine.
Il fréquente les ateliers et salons de peinture et les cénacles littéraires : on le voit chez Nina de Villard de Callias (1863-1882), femme de lettres, poète et musicienne, maîtresse de Charles Cros, et qui reçoit outre ce dernier dans le salon intellectuel le plus coté de l’époque Catulle Mendès, Henri Rochefort, Jean Richepin, Villiers de l'Isle-Adam, François Coppée, Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Maurice Rollinat, José-Maria de Heredia, Émile Zola, Alphonse Daudet, Édouard Manet, Edgar Degas, Léon Gambetta et l’astronome Camille Flammarion. Richepin, Maurice Bouchor et lui deviendront inséparables : ils fondent ensemble le groupe des Vivants.
Ponchon passera de nombreuses vacances dans la maison de Richepin en Bretagne, ce dernier écrira plusieurs textes sur Ponchon, dont un dans la Chanson des gueux, et la dédicace de la muse au Cabaret sera « À mes très chers amis Jean Richepin et Maurice Bouchor en témoignage de ma profonde affection je dédie ces rimes familières ». Il considérait les Richepin comme sa seconde famille, et repose à côté de son ami Jean au cimetière de Pléneuf-Val-André (Côtes d’Armor), où il les rejoignait souvent pour des vacances bretonnes. Il publie son premier texte, Chanson vineuse, dans la République des Lettres, le 3 décembre 1876, et dix ans plus tard, il est embauché par Jules Roques, directeur du Courrier français, "illustré paraissant tous les le samedis : littérature, Beaux-Arts, théâtre, médecine, finance", pour y tenir une chronique en vers hebdomadaire, et c’est le début des gazettes rimées, qu’il étendra à d’autres publications : La Presse, "journal républicain, national, politique et littéraire" (en fait boulangiste) chaque lundi de juin 1888 à mai 1890, puis Le Journal à partir de 1897. Il abandonnera le Courrier au départ de Jules Roques, par fidélité à celui-ci, en 1908.
Il sera, lui qui était insensible aux honneurs, membre de l’Académie Goncourt à partir de 1924 (sans doute proposé par ses amis pour qu’il puisse vivre de la pension associée, alors qu’il ne publiait plus de gazettes). Il y tiendra jusqu’en 1937 le "couvert" No 7, qu’il hérite de Paul Bergerat. Il fut fait chevalier de la légion d’honneur le 4 janvier de la même année 1924, comme son père qui l’avait lui obtenu pour raison militaires.
Il aurait sans doute fini centenaire si, un jour de décembre, à l’âge de 89 ans, il ne s’était cassé le col du fémur en descendant de son lit. Il fut hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph, rue Pierre Larousse, où il mourut quelques jours plus tard, le 3 décembre 1937. Ponchon a été plus que réticent à la publication en recueils de ses gazettes rimées hebdomadaires.
Il se considérait comme un petit rimailleur du quotidien, indigne d’une publication officielle («…Je suis un poète de troisième rang, je ne puis admettre que l’on me mette au premier. », à Marcel Coulon, cité dans Toute la Muse). Malgré cela, et malgré lui, parurent, de lui des recueils de ses poèmes, La Muse au cabaret, en 1920 étant le seul livre publié de son vivant (il avait 72 ans).

"C'est une manière conciliante, bénigne, quasi pieuse, de dire qu'il n'en a jamais fait. C'est le Lieu Commun préféré de l'abbé Pucelle et de combien d'autres encore parmi les ecclésiastiques ou les laïques dévots!
Un jour, il y a environ dix ans, je fus présenté à un monsieur qui, apprenant mon nom, entreprit aussitôt de m'étonner et me déclara qu'il jugeait puéril d'attendre ou d'espérer de grandes choses, ou même simplement des choses extraordinaires.
"En ce qui me concerne, ajouta-t-il, j'affirme qu'il ne m'est jamais rien arrivé."
L'énormité de la sottise me paralysa un instant, puis je présentai doucement cette objection:
"Il faut, monsieur, que vous soyez bien inattentif ou bien ingrat, puisque vous semblez choisir pour me dire ça le moment où il vous arrive précisément une chose inouïe que vous n'auriez jamais prévue ni espérée.
- Et laquelle? demanda cet homme surpris.
- Vous avez eu l'honneur de me rencontrer", répondis-je avec une grande simplicité, en tournant le dos à cet imbécile."
Léon BLOY, Exégèse des Lieux Communs, 1913

Guy Fawkes, connu également sous le pseudonyme de John Johnson, était un catholique anglais né le 13 avril 1570 à York, et mort le 31 janvier 1606. La conspiration visait à assassiner le roi protestant Jacques Ier (Jacques VI d'Écosse) et les membres des deux Chambres du Parlement du Royaume-Uni, en faisant exploser le Palais de Westminster lors de la session d'ouverture du Parlement en 1605, lors de laquelle le roi devait s'adresser à une assemblée réunissant les membres de la Chambre des Lords et de Chambre des communes. Guy Fawkes était en grande partie responsable de l'exécution du plan visant à faire exploser le Parlement, pour protester contre la politique du roi en matière de religion, jugée intolérante. Cependant, ses activités furent remarquées, avant la mise en œuvre du plan. Après un interrogatoire sévère, lors duquel il fut torturé, un procès eut lieu à Westminster Hall dirigé par John Popham, Fawkes et ses complices furent exécutés pour trahison et tentative de régicide. L'échec de Guy Fawkes (ou la tentative pour certains) est célébré lors de la Guy Fawkes Night (aussi appelée Bonfire Night ou Fireworks Night) le 5 novembre.

"Les socialistes se présentent volontiers comme des hommes de progrès aux yeux fixés sur l’avenir. Leur hymne est pourtant bien ringard. Il date. Il fut écrit en 1870 par un républicain nommé Eugène Pottier, qui avait failli être une victime de la Deuxième République. En juin 1848, celle-ci avait chargé le général Cavaignac de mater les ouvriers. Pottier en faisait partie. La répression fut sévère : des milliers de morts, onze mille arrestations, quatre mille déportations en Algérie. Le général Cavaignac était un républicain de la pire espèce. Il avait de qui tenir. En 1793, son père, Jean-Baptiste, membre de la Convention, vota la mort sans sursis de Louis XVI et ordonna l’exécution des jeunes filles royalistes de Verdun. Bon sang ne saurait mentir.
Le même phénomène se reproduisit en 1871. Le républicain Pottier fut à nouveau victime de la répression de la Commune. Ordonnée par le républicain Adolphe Thiers, et conduite par Mac-Mahon, le futur premier président de la Troisième République, l’épuration fut sauvage : vingt mille morts, trente-huit mille arrestations, sept mille cinq cents déportations en Nouvelle-Calédonie. Pottier ne dut son salut qu’à la fuite. Il réussit à filer en Angleterre, resta dix ans en exil, profita de l’amnistie de 1880 et revint au pays vivre de son métier de dessinateur sur étoffe et de "L’Internationale".
Celle-ci était alors déclamée. Ce n’est qu’un an après la mort d’Eugène Pottier, en 1887, que Pierre Degeyter, ouvrier tourneur sur bois à Fives-Lille, et membre de la chorale "La Lyre des travailleurs" composa la musique qui allait faire le tour du monde. Son succès fut colossal. Traduite dans toutes les langues, elle devint même l’hymne national de la Russie soviétique, après la révolution bolchevique de 1917, fille de la Révolution française, ne l’oublions pas."


Gus Bofa, de son vrai nom Gustave Blanchot, né le 23 mai 1883 à Brive-la-Gaillarde et décédé en 1968 à Aubagne est un illustrateur français.
Fils du colonel Blanchot dont il est le 11e et avant-dernier enfant, il passe son enfance à Bordeaux puis déménage à Paris (son père est nommé commandant militaire du Sénat) où il est inscrit au lycée Henri-IV, établissement où il rencontre André Dunoyer de Segonzac et Maurice Constantin-Weyer qui resteront ses amis les plus proches. C'est à l'âge précoce de 8 ans qu'il trouve son nom d'artiste, Gus Bofa.
Après quelques années comme ingénieur il se lance dans l'affiche et participe à Rire puis Sourire et La petite semaine. Il dessine aussi des costumes et décors pour le théâtre. Pendant la Première Guerre mondiale il compose les couvertures du magasine La baïonnette. Entre les deux guerres il collabore au mensuel Le crapouillot.
Son ami Pierre Mac Orlan a dit de lui: « Gus Bofa est avant tout un écrivain qui a choisi le dessin pour atteindre ses buts. Un texte de Bofa, un dessin de Bofa sont construit dans la même matière et l'un et l'autre sont animés de ce même rayon de poésie humoristique qui comprend tout ce qui tient une place entre la vie et la mort. »
Il se destine à la carrière militaire mais y renonce au moment de présenter le concours de Saint-Cyr. Pour gagner un peu d'argent, il commence, dès 1900, à vendre des dessins aux journaux illustrés comme Le Sourire, Le Rire ou La Risette.
Après son service militaire, et quelques emplois de bureau sans intérêt, il crée, vers 1906, les Affiches Gus-Bofa. Fort de son succès d'affichiste, il écrit des contes pour la presse, des revues pour le music-hall et tient la chronique théâtrale du Rire puis du Sourire, journaux qu'il dirige brièvement et où il fait débuter Pierre Mac Orlan.
Très grièvement blessé aux jambes en décembre 1914, il refuse d'être amputé et, de son lit d'hôpital, envoie des dessins à La Baïonnette.
Au lendemain de cette guerre, qui l'a laissé infirme, il commence, poussé par Mac Orlan, une carrière d'illustrateur de livres de luxe. Il met ainsi en image Mac Orlan, Courteline, Swift, Voltaire, De Quincey ou Cervantès. Parallèlement, il publie des albums personnels comme Le Livre de la guerre de cent ans ou Chez les toubibs.

Fondateur et directeur du Salon de l'Araignée qui veut donner un espace de liberté aux dessinateurs et les pousser à un art plus personnel, Bofa s'occupe aussi de la chronique littéraire du Crapouillot, magazine littéraire et artistique, qu'il tiendra jusqu'en 1939.
Avec les années 1930, son œuvre prend un tour de plus en plus personnel et hanté. Malaises décrit l'angoisse existentielle et La Symphonie de la peur propose la peur comme moteur de l'histoire humaine. Zoo présente l'homme comme un animal dénaturé.
Les années 1950 marquent la fin de l'édition de luxe et, pour Bofa, le début de l'oubli. Indifférent à la gloire, il approfondit, à travers des livres autobiographiques, dont il signe textes et images, comme La Voie libre, Déblais ou La Croisière incertaine, une réflexion désabusée et pessimiste sur la condition humaine.
Il meurt en 1968, à Aubagne.




Prenons date sans négliger d’écouter l’herbe pousser.
En apparence, rien ne change, rien ne bouge. Cahin-caha, les institutions se maintiennent.
L’espace retentit toujours des mêmes discours convenus. Telle est l’apparence que viennent ébranler de temps en temps des chocs imprévus. Un 21 avril, que la presse, peu avare d’hyperboles, qualifia de « séisme ». Et maintenant une affaire de « voile » islamique qui révèle une France fracturée dont la substance a été clandestinement transformée. Dans le silence, depuis une grosse dizaine d’années, se produisent bien d’autres changements qui mériteraient d’être enregistrés, commentés, interprétés.
Mais tant qu’ils ne provoquent pas d’événements spectaculaires, dramatiques et si possible sanglants, on ne les voit pas. Ainsi l’islamisme, dans sa version moderne, s’était développé depuis la fondation des Frères musulmans, au Caire, en 1929, puis à la faveur de la décolonisation. Il a pris une envolée décisive avec la révolution iranienne de 1979, l’aggravation du conflit israélo-palestinien et l’intervention soviétique en Afghanistan. Mais sa réalité ne s’est imposée dans les médias, donc dans la conscience du public qu’après le spectaculaire attentat du 11 septembre 2001.
La renaissance d’identités régionales que l’on croyait disparues est l’une de ces nouveautés de première grandeur qui passent inaperçues. Comme elle n’a pas de traduction politique, on la cantonne dans la rubrique des loisirs, du folklore, du tourisme ou du spectacle. Et pourtant, il s’agit de tout autre chose.
Voici une cinquantaine d’années, la musique bretonne se limitait aux chansons de Théodore Botrel, chantre de la Bretagne de Bécassine. Dans les années 1960, Glenmor a ouvert une voie nouvelle. Sa démarche était libertaire et révoltée. On remarquait moins qu’elle était également identitaire. Il s’inspirait du réveil celtique de l’Irlande, de l’Écosse et du pays de Galles. Avec lui, avec Alan Stivell et d’autres est née une musique à la fois nouvelle et très ancienne. Elle empruntait les techniques du rock ou de la folk. Elle redécouvrait la cornemuse et la harpe celtique, instruments oubliés qui ont donné à cette musique son charme nostalgique. La jeunesse adhère. Cette musique est associée à la cause d’une renaissance bretonne.
Avec le succès, l’aspect politique et combatif des débuts s’atténue. La musique touche un public qui déborde largement les frontières de l’Armor. Maintenant, chaque été, le Festival interceltique de Lorient, le plus important de France, accueille plus de 350 000 visiteurs, tandis que « Les Vieilles Charrues », petite fête fondée à Carhaix en 1992, draine près de 200 000 spectateurs enthousiastes, sans femmes voilées ni barbus. Autre signe, le succès de la Saint-Patrick, célébrée chaque 17 mars depuis que les Bretons ont lancé l’événement en 1993.
Morte est la Bretagne d’autrefois, terre des « ploucs, arriérés, bornés, alcooliques ». Voici revenu l’Ouest des grandes légendes, du roi Arthur et de Brocéliande. Et ce réveil ne concerne pas que les Bretons. Il est vécu par tous ceux qui ont comme ancêtres les Gaulois. L’identité celtique, fraîche, musicale, envoûtante, s’est manifestée au bon moment, comme pour répondre à un grand péril. Ce réveil trouve un écho dans le prodigieux succès rencontré au cinéma et en librairie par Le Seigneur des Anneaux. L’étonnant, c’est que le chef-d’oeuvre de Tolkien, écrivain nostalgique d’un Moyen Âge rêvé, a été popularisé aux États-Unis par les hippies héritiers de la Beat Generation. Ils y trouvaient sans doute un reflet de leur propre désir d’évasion hors de la société consumériste par un retour onirique au monde enchanté des grandes épopées.
D’une façon générale, le réveil identitaire, dont la musique est l’instrument, est venu d’où on l’attendait le moins, dans un environnement libertaireet même parfois plutôt gauchiste. Ce qui est vrai pour la musique celtique se vérifie pour la musique occitane, le chant corse et des rites aussi enracinés que la tauromachie camarguaise. On peut expliquer cela de bien des façons. Nous sommes en présence d’un de ces phénomènes sismiques qui échappent aux explications des sociologues. L’historien de la longue durée est mieux armé pour comprendre ce genre de mouvement de fond. Il traduit un changement d’époque. Jadis, l’appartenance était héritée, transmise par l’autorité familiale, sans que puisse s’exercer un choix. Dans une atmosphère rebelle à toute autorité, elle était refusée. Aujourd’hui, la transmission familiale ayant cessé, l’appartenance est parée de la séduction du choix volontaire, en rupture même avec l’autorité. C’est l’un de ces inattendus de l’histoire dont il faut apprécier le sel à son juste prix.
Dominique Venner

Zentropa
Cela faisait maintenant près de 6 mois que les Torrès profitaient de la célèbre douceur tourangelle. Nul n'avait plus jamais prononcé le nom d'Ivry.
Les enfants se rendaient à l'école à pieds quand un voisin agriculteur ne les hissait pas sur les bottes de paille de sa remorque du haut desquelles ils poussaient de grand cris en « jouant à la bagarre » tout en s'accrochant d'une main prudente à la ficelle des ballots.
Léonie apprenait l'art du jardinage et celui du football, s'étant inscrite au club féminin du village voisin.
La quantité de cierges déposés par les époux Torrès aux pieds de la Vierge Marie pour la remercier de leur nouvelle bonne fortune permettrait sans doute bientôt la réfection du clocher de l'église.
Un samedi matin, se rendant au marché sur le vélo brinquebalant et aux trois quarts rouillé que les précédents occupants de la maison avaient abandonné au fond de la remise, Alain aperçut à l'entrée du village une grande concentration de tentes, toutes identiques, encadrées d'autobus et de sanitaires en préfabriqués. Ayant interrogé le facteur qui s'apprêtait, mollement, à commencer sa tournée, il apprit qu'il s'agissait d'une colonie de vacances « vertes » financée par le conseil général de Seine Saint-Denis. Alain eut un petit pincement au cœur mais, retournant rapidement à ses courses, il oublia l'information.
Les premiers incidents éclatèrent le lendemain, à l'occasion de la fête de l'échalote. Un jeune garçon qui, n'appréciant pas les manières forts tactiles des nouveaux arrivants vis-à-vis de sa sœur, le leur fit savoir et fut immédiatement et impeccablement tabassé par une dizaine de gamins dont la majorité ne devait pas avoir 16 ans. Les gendarmes durent intervenir et les éducateurs expliquèrent que leurs protégés n'étaient pas habitués à ce genre d'environnement et qu'il leur fallait un « temps d'adaptation ».
L'adaptation se concrétisa par la découverte de plusieurs poulets égorgés.
Terrorisés à l'idée de passer pour des bouseux intolérants et bouffis de préjugés, les villageois n'osèrent pas accuser ceux qu'ils appelaient déjà, en souriant jaune, « les coloniaux ».
Mais les dégradations et les petites rapines se multipliant, certains, excédés, commencèrent à parler de « faire une descente » à la colonie. Horrifié par de tels propos, l'instituteur, grand gaillard sec au teint huileux qui semblait vouloir compenser sa calvitie précoce par la luxuriance d'une barbe improbable, organisa une projection publique du film « Dupont Lajoie » afin de bien montrer toute l'abjection de telles vélléités et les odieuses extrêmités où pouvait mener la volonté de se faire justice soi-même.
On écrivit donc plutôt des lettres. Au Maire, puis au député. Aucun des deux ne pouvait rien faire. Personne ne pouvait rien faire.
Alain ne se mêlait guère de cette agitation, se contentant de limiter ses visites au village et d'interdire à ses enfants de s'y rendre seuls comme ils en avaient d'ordinaire l'habitude. Après tout, ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Dès l'été fini, la région retrouverait son calme et sa sérénité.
La lecture du quotidien régional du mardi 13 août fût donc un choc atroce : le conseil régional, en partenariat avec l'association d'utilité publique « Diversité partout », avait décidé de transformer la colonie de vacances en centre permanent d'accueil de « jeunes en difficultés » venant de toute la couronne parisienne.
La nouvelle fît l'effet d'une bombe, réjouissant l'instituteur et la coiffeuse nymphomane, atterrant le reste de la population.
On envisagea d'organiser des manifestations, de saboter les travaux… « Tant pis si on passe pour des racistes » déclara même Amédée, l'ancien tirailleur qui, avançant sur sa 90e année, aurait bien voulu finir sa vie tranquillement dans son village d'adoption.
Bien sûr, aucun drame majeur ne s'était encore produit, simplement la vie quotidienne pourrie, gâchée par une litanie sans fin de ce qu'ils avaient appris à appeler des « incivilités ».
Personne ne parvenait à admettre que ce serait désormais éternellement leur lot.
Alain, de son côté, haussa les épaules, affirmant dans un souffle épuisé qu'il n'y avait rien à faire, rien sinon partir… Partir… Encore une fois. Trouver un coin plus reculé, plus protégé. La Creuse, l'Auvergne… Partir. Fuir. Encore plus loin. Toujours plus loin…

Zentropa
Le début de soirée répandait sa tiédeur sur la pelouse fraîchement tondue du jardin. Un peu écrasé par la saine fatigue de l'effort physique, Alain contemplait son œuvre et envisageait déjà les diverses plantations qui allaient embellir ces quelques mètres carrés de terre tourangelle qui n'étaient pas loin de lui offrir une image du paradis.
Au premier étage de la lourde maison de pierres allongée derrière lui, Chloé et Fabrice s'endormaient doucement, accompagnés par la voix attentive de leur mère leur contant les exploits héroïques de Roland à Roncevaux.
Un peu de calme, de sérénité, de tendre quiétude… Enfin !
Alain ferma les yeux comme lorsqu'il fumait sa pipe d'après repas, pour mieux apprécier l'instant, mais il les rouvrit immédiatement tant il était assailli par de sordides images de l'enfer qu'il venait de quitter…
La famille Torrès, depuis l'arrivée en France de l'arrière grand père venu travailler sur les chantiers de construction du nouveau Paris, avait toujours vécu à Ivry. C'est là qu'ils avaient fait souche, se mariant à de jeunes françaises à robes à fleurs rencontrées au bal ou à la sortie de la messe.
Une vie simple et rude, toute entière vouée au travail et à la famille, avait fini par leur apporter une modeste aisance qui se concrétisa par l'achat d'un grand appartement équipé de tout le confort moderne.
Les Torrès cependant ne jouirent pas longtemps de leur nouveau statut de propriétaires et lorsqu'Alain devint le chef de famille, la situation avait déjà presque complètement tourné au cauchemar.
Tout s'était dégradé à une vitesse qui laissait pantois les anciens. En moins de 15 ans, leur banlieue était devenue une « cité ». Les nouvelles générations ne saluaient plus les anciens mais leur lançaient des regards haineux quand elles ne les insultaient pas. On ne s'attardait plus dans la rue pour discuter entre voisins de peur d'être violemment importunés pour une cigarette ou de l'argent. On conseilla bientôt aux personnes âgées de ne pas sortir après la tombée de la nuit. Les volets se fermaient de plus en plus tôt dans un claquement de ferraille qui résonnait comme l'écrou d'un pénitencier.
Les premières bagarres éclatèrent, mais les jeunes gens décidés à « ne pas se laisser faire » furent vite découragés par l'apathie des institutions qui les invitaient à ne pas avoir « d'attitude de rejet » et les menaçaient même des plus lourdes sanctions s'ils refusaient de rentrer dans le rang.
Les cages d'escaliers se couvrirent de crachats et de résidus d'urine. Plusieurs fois, Madame Torrès dû débarrasser le hall d'entrée de l'immeuble d'immondes déjections humaines.
Chaque sortie nocturne devenant une périlleuse expédition, on abandonna peu à peu toutes les activités de quartier.
Le premier viol collectif secoua un peu la résignation qui était en train d'étouffer la ville. L'émotion fut très forte mais ne se traduisit que par des pleurs et des lamentations.
« Libération », relayant complaisamment les assertions des amis des violeurs, suggéra que la jeune fille était peut-être consentante. Ivre de douleur et de honte, la mère de la victime se défenestra.
Cet événement tragique fut le signal de l'exil des plus nantis. Les premières boutiques fermèrent, certaines rapidement remplacées par des enseignes exotiques, d'autres définitivement laissées à l'abandon. Derrière les persiennes closes, on critiqua un peu cette désertion mais, au fond, tout le monde enviait les fuyards.
On ne vivait plus que chez soi, entre soi, pour soi, pour tenter de se protéger, d'oublier entre ses quatre murs la laideur de l'extérieur, le poids de la violence physique et psychologique qui y régnait sans répit. On fixait des judas, on branchait des alarmes, on achetait des chiens dont les jappements excédés se joignaient aux pétarades de scooters trafiqués pour parfaire le lugubre des nuits.
C'était le règne du fameux « sentiment d'insécurité » fantasme populiste et rétrograde dénoncé doctement par les speakers télévisuels en costume Versace juste avant qu'ils ne rejoignent leur loft du 8e arrondissement.
Un soir Hugo, vieil ami de la famille, petit homme trapu au crâne dégarni, à la démarche hésitante du fait d'une claudication de naissance mais dont le regard ferme et convaincu impressionnait, vint tenter de convaincre Alain de l'aider à créer une association visant à « redevenir maîtres chez eux » et qui pourrait peut-être présenter une liste aux prochaines élections municipales. Alain l'éconduisit sans aménité, car il ne voulait « pas d'histoires ».
Personne ne voulait d'histoires. Il referma donc les trois gros verrous derrière son ami, conscient qu'il ne le reverrait plus. D'ailleurs, on ne voyait presque plus personne, on se téléphonait parfois, pour se plaindre, sans plus.
Les voitures commencèrent à brûler, la bibliothèque aussi. Dans l'indifférence générale, plus personne n'y allait de toute façon. Cet exploit n'empêcha pas les incendiaires de défiler quelques semaines plus tard, contre une énième réformette de l'éducation nationale, aux cris de « Laissez-nous étudier ! » et « Nous voulons le droit au savoir ! ». Alain tenta une vague plaisanterie sur ce sujet mais elle ne fit rire personne, surtout pas Léonie, son épouse, dont les yeux se creusaient chaque jour un peu plus, rongée qu'elle était par l'inquiétude dès que l'un de ses enfants mettait un pied à l'extérieur de l'appartement.
Lorsque, entrant au CE2, la petite Chloé se vit expliquer par une de ses camarades de classe que « si elle voulait un petit copain, il fallait qu'elle lui montre sa chatte », le couple décida que ce n'était vraiment plus possible et qu'il fallait se résoudre à partir, fuir en espérant trouver un havre sinon de paix du moins de décence où l'existence redeviendrait à peu près digne et supportable.
Restait la question des moyens. Un agent immobilier contacté expliqua à Alain que, sur le marché, l'appartement familial ne valait presque plus rien et qu'il faudrait le brader à la moitié de son prix d'achat si l'on voulait espérer trouver un acquéreur. Il s'y résolut puis contracta divers emprunts à des taux prohibitifs afin de disposer d'un pécule suffisant pour l'achat d'une maison à la campagne.
Côté professionnel, un bon plombier comme lui n'aurait jamais de difficultés pour trouver à s'employer.
On se lança donc dans la compulsion intensive des petites annonces immobilières.
Une fin d'après-midi qu'il sélectionnait diverses « cibles » dans « Le particulier », il fut interrompu par un appel téléphonique. Le voisin du 5e se proposait de passer lui faire signer une pétition en faveur de la libération immédiate de Monsieur Jacquard, le pharmacien du coin de la rue Gabriel Péri, qui, cambriolé pour la quatrième fois cette année, avait tiré au pistolet à grenaille sur l'un des voyous qui le dévalisait. Alain refusa avec humeur, arguant « qu'étant sur le départ, tout cela ne le regardait plus ». Le silence retomba lourdement sur la pièce.
Un beau matin de début d'été, ce fut enfin le déménagement. Dans leur 406 break surchargée, la famille Torrès quitta Ivry avec un si lâche et si profond soulagement que pas un de ses membres n'eut la moindre pensée pour tous ceux qu'ils abandonnaient dans cette jungle néo-barbare.
Direction l'Indre et Loire. Une nouvelle vie commençait.
(A suivre)
Dans le tragique du temps, alors que le monde change comme jamais il n’a changé, Georges Bernanos, à quoi bon ? Bernanos, pour quoi faire ? Qu’avons nous besoin du chrétien Bernanos à cent vingt années de sa naissance et soixante années de sa mort ?
Devons-nous en 2008 battre le rappel des « compagnons inconnus, vieux frères -troupe fourbue, troupe harassée, blanche de la poussière de nos routes… » ?
Faut-il en appeler à la jeunesse d’aujourd’hui, à sa nouvelle fraîcheur, à ses exigences, à sa fièvre ?
Nous le croyons. Nous croyons qu’il est toujours temps de rencontrer le témoin des époques difficiles, le chantre de la grâce divine, le grand homme de la parole libre.
Il n’est que temps de reparler de l’honneur, de l’honneur de l’homme dans sa gloire, de l’honneur de l’homme au travail, de l’honneur de la politique, voire de la politique de l’honneur.
Chers amis, nous nous adressons à vous pour développer en 2008, au delà d’une double commémoration, une série de manifestations pleines de sens. Nous reprendrons ensemble les routes de l’Artois et le chemin de la Croix des âmes.
Pour Georges Bernanos, il l’a dit à maintes reprises, l’heure des Saints revient toujours. Nous pensons que d’une autre manière, mais avec la même opportunité, l’heure de Bernanos ne cesse de revenir.
Le camembert de Normandie a été mis au point en 1791 par une fermière de Camembert, Marie Harel, avec les conseils avisés d’un prêtre réfractaire originaire de Brie, réfugié chez elle. En fait, Thomas Corneille, frère de Pierre l’auteur du Cid, mentionne déjà le camembert dans son dictionnaire géographique publié en 1708. À partir de 1916, il fait partie de la ration des poilus, soldats français de la Première Guerre mondiale. Ceci contribuera à le faire connaître dans toute la France.
Le camembert de Normandie est un fromage français originaire de Normandie, bénéficiant d’une AOC depuis 1983. Il doit son nom au village de Camembert, tout près de Vimoutiers dans l’Orne. C’est un des emblèmes gastronomiques de la France.
C’est un fromage à base de lait de vache cru, à pâte molle à croûte fleurie, de couleur blanche et de forme ronde, pesant 250 grammes et nécessitant deux litres de lait pour sa fabrication. Il est obligatoirement commercialisé dans une boîte en bois.


Le 14 juillet 1929, lors d'une première tentative de vol direct Paris-New -York, le " Point d'Interrogation " doit lutter contre un fort vent contraire en plein Atlantique. Costes juge son autonomie compromise, décide de faire demi-tour, Bellonte transmet la nouvelle par radio. Mais au lieu d'atterrir aux Açores, Costes reviendra se poser à Villacoublay après 27 heures de vol. ..pour mieux calculer la consommation de son Hispano-Suiza de 650 ch lui ayant permis de décoller du Bourget au poids de 6 375 kg dont 3 970 de carburant. Un bel exemple de maîtrise, d'esprit de décision, de professionnalisme à méditer. Il reflète le caractère du personnage étonnant qu'était Dieudonné Costes à l'accent rugueux du Tarn-et- Garonne où il était né le 4 novembre 1892. Breveté pilote en 1912, il terminait la guerre avec 9 victoires, avant de devenir pilote de ligne, puis pilote d'essais chez Breguet pour réaliser des raids et battre des records. Force de la nature, sportif, élégant, ne comptabilisant pas ses conquêtes féminines... mais sachant compter, il avait un caractère marqué, obstiné et sans faille, au service d'une ambition basée sur une connaissance technique solide. Il sut acquérir une réputation mondiale dès 1927 : tour du monde (43 étapes, 57 410 km, 342 h de vol) avec Le Brix. Record du monde de distance en 1928 (7 905 km en 51 h 20) avec Bellonte. Record du monde de distance en circuit fermé (8 209 km en 52 h 36) avec Codos. Enfin le Paris-New York avec Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 (37 h 18). Tel est un aperçu de la carrière de Costes, ambassadeur des ailes françaises, officier de la Légion d'honneur décédé à Paris le 18 mai 1973. Il avait reçu l'hommage du Général de Gaulle au Salon du Bourget de 1967.

« Je commence aujourd’hui, 30 septembre, sous l’invocation de saint Jérôme, auteur de la Vulgate, appariteur de tous les Prophètes, inventoriateur plein de gloire des Lieux Communs éternels.
Est-ce là manquer de respect à cet étonnant docteur que l’Eglise honore du titre de Maximus, et que le Concile de Trente a implicitement déclaré le Notaire de l’Esprit-Saint ? Je ne le crois pas.
De quoi s’agit-il, en effet, sinon d’arracher la langue aux imbéciles, aux redoutables et définitifs idiots de ce siècle, comme saint Jérôme réduisit au silence les Pélagiens ou Lucifériens de son temps ?
Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !
L’entreprise, je le sais bien, doit paraître fort insensée. Cependant je ne désespère pas de la démontrer d’une exécution facile et même agréable.
Le vrai Bourgeois, c'est-à-dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l’homme qui ne fait aucun usage de sa faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité, un seul jour, parle besoin de comprendre quoi que ce soit, l’authentique et indiscutable Bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.
Le répertoire des locutions patrimoniales qui lui suffisent est extrêmement exigu et ne va guère au-delà de quelques centaines. Ah ! si on était assez béni pour lui ravir cet humble trésor, un paradisiaque silence tomberait aussitôt sur notre globe consolé !
Quand un employé d’administration ou un fabricant de tissus fait observer, par exemple : « qu’on ne se refait pas ; qu’on ne peut pas tout avoir ; que les affaires sont les affaires ; que la médecine est un sacerdoce ; que Paris ne s’est pas bâti en un jour ; que les enfants de demandent pas à venir au monde, etc., etc., etc. », qu’arriverait-il si on lui prouvait instantanément que l’un ou l’autre de ces clichés centenaires correspond à quelque Réalité divine, a le pouvoir de faire osciller les mondes et de déchaîner des catastrophes sans merci ?
Quelle ne serait pas la terreur du patron de brasserie ou du quincaillier, de quelles affres le pharmacien et le conducteur des ponts et chaussées ne deviendraient-ils pas la proie, si tout à coup, il leur était évident qu’ils expriment, sans le vouloir, des choses absolument excessives ? que telle parole qu’ils viennent de proférer, après des centaines de millions d’autres acéphales, est réellement dérobée à la Toute-Puissance créatrice et que, si une certaine heure était arrivée, cette parole pourrait très bien faire jaillir un monde ?
Il semble d’ailleurs, qu’un instinct profond les en avertisse. Qui n’a remarqué la prudence cauteleuse, la discrétion solennelle, le morituri sumus de ces braves, léguées par les siècles et qu’ils transmettront à leurs enfants ?
Quand la sage-femme prononce que « l’argent ne fait pas le bonheur » et que le marchand de tripes lui répond avec astuces que, « néanmoins, il y contribue », ces deux augures ont le pressentiment infaillible d’échanger ainsi des secrets précieux, de se dévoiler l’un à l’autre des arcanes de vie éternelle, et leurs attitudes correspondent à l’importance inexprimable de ce négoce.
Il est trop facile de dire ce que paraît être un lieu commun. Mais ce qu’il est, en réalité, qui pourra le dire ?
Pourquoi, autrement, me serais-je recommandé à saint Jérôme ? Ce grand personnage ne fut pas seulement le consignataire pour toujours de la Parole qui ne change pas, des Lieux Communs pleins de foudres de la Très-Sainte Trinité. Il en fut surtout l’interprète, le commentateur inspiré.
Avec une autorité beaucoup plus qu’humaine, il enseigna que Dieu a toujours parlé de Lui-même exclusivement, sous les formes symboliques, paraboliques ou similitudinaires de la Révélation par l’Ecriture, et qu’il a toujours dit la même chose de milles manières.
J’espère que ce Docteur sublime daignera favoriser de son assistance un pamphlétaire de bonne volonté qui serait si heureux de mécontenter, une fois de plus, la populace de Ninive, éternellement « incapable de distinguer sa droite de sa gauche », - et de la mécontenter à un tel point que des colères inconnues se déchaînassent.
Ce résultat serait obtenu, sans doute, si la céleste douceur ne m’était pas refusée d’établir, en l’irréfutable argumentation d’une dialectique de bronze, que les plus inanes bourgeois sont, à leur insu, d’effrayants prophètes, qu’ils ne peuvent pas ouvrir la bouche sans secouer les étoiles, et que les abîmes de la Lumières sont immédiatement invoqués par les gouffres de leur Sottise. »
Léon BLOY, Exégèse des Lieux Communs, Préface, 1913